Tout savoir sur l'étanchéité des toitures

Tout savoir sur l'étanchéité des toitures

            

L'entretien de la toiture est souvent négligé, ce qui peut conduire à des défauts d'étanchéité et à de très sérieux problèmes. Mieux vaut ainsi bien connaître tous les enjeux liés à l'entretien de sa toiture.


Quels sont les risques liés aux problèmes d'étanchéité de toitures ?

La toiture d'un bâtiment est directement exposée aux aléas météorologiques. Avec le temps, même les plus solides structures accusent le poids des intempéries. La pluie, le vent, les variations de température, la mousse et les débris organiques constituent autant d'agressions contre les toitures. Sans entretien, une toiture finit par perdre son étanchéité, entraînant toutes sortes de désagréments, potentiellement catastrophiques. L'air s'engouffre dans le bâtiment, provoquant des courants d'air et une déperdition énergétique et phonique. L'eau s'infiltre pour sa part partout, permettant de favoriser le développement des moisissures et autres champignons indésirables. La création d'orifices peut laisser libre entrée aux insectes, aux volatiles, voire aux animaux plus imposants. A terme, tout l'édifice peut être envahi, et dans le pire des cas, la toiture est susceptible de s'effondrer. Pour éviter ces sombres scénarios, des actions simples permettent de conserver longtemps sa toiture.


Les avantages d'une couverture étanche

Outre renforcer l'aspect esthétique d'un bâtiment, son isolation permet de réaliser de sérieuses économies en dépenses énergétiques, surtout en hiver. Un revêtement efficace permet de conserver la chaleur, et de retenir le frais en été. La qualité de vie est par ailleurs meilleure pour les habitants, en repoussant les risques liés aux moisissures et aux courants d'air. Par ailleurs les pièces sous charpentes demeurent accessibles, pour y vivre ou y stocker du matériel. Enfin, une toiture en bel état et un bon diagnostique de performance énergétique représentent un solide argument dans le cadre d'une vente.


L'isolation par l'extérieur

L'isolation par l'extérieur (ITE) permet d'intervenir sur la toiture en la protégeant de l'humidité et des changements de température, tout en laissant à l'intérieur la charpente apparente et en conservant la hauteur de pièce disponible. Il existe principalement deux méthodes pour l'ITE. La technique du sarking permet d'installer l'isolant entre la couverture et la charpente, sous formes de panneaux en plusieurs couches (ou une seule). L'isolation thermique obtenue est ainsi excellente. L'autre méthode est celle des panneaux isolants, dits "panneaux sandwichs autoportants", qui permettent à la fois de réaliser l'isolation thermique et la couverture, en prenant place sur les pannes. La toiture intérieure demeure apparente. Cette technique est rapide à mettre en oeuvre, et écologique.


L'isolation par l'intérieur

Si l'étanchéité contre l'air permet d'améliorer efficacement les performances thermiques, la prévention des infiltrations d'eau est toute aussi utile pour lutter contre les moisissures. Les écrans de sous-toitures déroulés sous la couverture permettent de protéger l'intérieur de l'habitation, tout en laissant l'humidité de l'air intérieur s'évacuer. Les écrans de sous-toitures s'opposent ainsi à la pénétration des gouttes d'eau et à la neige, de même qu'à la poussière et à tous les visiteurs indésirables (insectes, oiseaux, animaux terrestres...). Les écrans de sous-toitures sont aussi utiles pour atténuer le vent, et limiter le déplacement des tuiles. Il en existe différents types, selon les cas de figure. Les écrans en polyéthylène sont légers et aisés à mettre en oeuvre, mais moins résistants et durables que les écrans en bitume, qui doivent cependant laisser une marge d'air de 2 cm au-dessus de l'isolant. Extrêmement résistants, les nouveaux écrans HPV (haute perméabilité à la vapeur d'eau) permettent d'éviter la lame d'air règlementaire.


Quels matériaux choisir pour la couverture ?

Les ardoises et les tuiles sont en première ligne de la toiture, face aux intempéries. Elles constituent à la fois une barrière, et dessinent l'esthétisme extérieur de la toiture. Le choix des matériaux dépend des traditions locales et du climat, très variables selon les régions, de la pente de la toiture, ou encore de la solidité de la charpente. Dans le cas d'un changement de matériaux par rapport à l'original, un permis de construire est nécessaire. Dans certaines zones protégées, les travaux peuvent même être sousmis à une autorisation officielle.


Les ardoises pour les bâtiments contemporains

Les ardoises sont par nature extrêmement résistantes aux intempéries, et offrent l'avantage de se poser sur des toitures très inclinées, voire totalement verticales. Elles conviennent très bien aux habitations contemporaines, avec des couleurs et des formes variables selon les régions. L'ardoise d'Angers est considérée comme la meilleure, même si plus coûteuse que d'autres ardoises étrangères (Espagne), par ailleurs moins belles et moins résistantes. L'épaisseur des ardoises varie généralement autour de 3 mm, mais les plus épaisses peuvent atteindre pas moins de 9 mm. De manière générale, les ardoises sont beaucoup plus fragiles que les tuiles, et ne sont pas prévues pour supporter des poids importants. Il ne faut ainsi jamais s'aventurer sur un toit en ardoises.



Les tuiles plates et canal

Les tuiles en terre cuite sont de loin les matériaux de couverture les plus répandus en France. Très esthétiques, les tuiles se déclinent aisément selon les styles architecturaux, et sont extrêmement variables d'une région à l'autre. Les tuiles plates sont légères et permettent de garnir tous les types de toits, en évitant toutefois les pentes trop importantes. Les tuiles canal sont les plus anciennes, permettant de recueillir les eaux de pluie. Particulièrement élégantes, elles sont toutefois assez lourdes et nécessitent une solide charpente, et une pente peu prononcée. Les tuiles plates et canal se posent selon l'ancestrale technique du recouvrement, avec un tiers visible et deux-tiers recouverts. Leur installation nécessite généralement l'expertise de professionnels.



Les tuiles à emboîtement

Plus modernes, les tuiles à emboîtement (dites aussi "mécaniques") sont désormais les plus courantes en France. Un ingénieux système de rainures permet d'emboîter chaque tuile, laissant les trois-quarts apparents, tout en formant de petites gouttières qui permettent d'évacuer l'eau sur la tuile suivante. Assez grandes tout en restant légères, les tuiles à emboîtement sont très simples et rapides à poser. Avec un peu d'habitude, et sur des pentes peu prononcées, il n'est pas toujours nécessaire de faire appel à des professionnels. Elles ne nécéssitent par ailleurs qu'un nombre de lattes réduit pour la pose, et sont ainsi particulièrement économiques.


Le cas des toitures plates

Pour les toitures plates, l'étanchéité revêt un caractère crucial. La stagnation de l'eau entraîne une forte probabilité d'apparition de moisissures partout dans le logement, avec des tâches sur les murs, un air vicié et un risque de maladies. Elle conduit également à l'apparition de moustiques, attirés par l'eau stagnante. L'objectif est donc de créer une véritable barrière contre l'eau, en utilisant les matériaux les plus étanches. Pour les toitures plates et toitures terrasses, l'asphalte et le bitume sont ainsi souvent utilisés pour leur puissante propriété d'étanchéité. Plusieurs couches peuvent être nécessaires, complétées par une dalle en béton, un revêtement en bois ou encore des petits graviers. En parallèle, un système efficace d'évacuation de l'eau doit permettre d'éviter toute stagnation.


Le nettoyage de toiture

C'est bien connu : mieux vaut prévenir que guérir. Plutôt que devoir réparer ou tout refaire sa toiture, un nettoyage efficace et renouvelé peut prolonger la durée de vie. Les toits peu inclinés ont tendance à accumuler les déchets organiques, et même les toits en forte pente n'évitent pas le fléau de la mousse. Tous ces éléments gênent l'évacuation de l'eau, et favorisent l'humidité, avec les mêmes conséquences précédemment évoquées. Dans l'idéal il convient de nettoyer sa toiture une fois par an, en évitant les nettoyeurs à haute pression, surtout pour les toits en ardoises plus fragiles. L'usage de la javel est également à proscrire, au risque de blanchir la toiture. Pour la tuile, le nettoyage avec une brosse dure et de l'eau peut suffir à éliminer la mousse et les tâches. Pour l'ardoise, trop fragile pour monter dessus, des produits spéciaux sont à privilégier. Suivant les surfaces à traiter, la hauteur et les pentes, il est généralement plus simple (et prudent) de faire appel à un spécialiste.


Les produits hydrofuges de toiture

Pour aider la toiture à mieux résister aux intempéries, il existe des produits hydrofuges ou imperméabilisants. Outre renforcer l'étanchéité, ces produits permettent aussi de lutter contre la mousse, et de conserver à la toiture un aspect propre durant plusieurs années. Il existe principalement deux types d'hydrofuges. Les produits filmogènes s'appliquent de manière similaire à une peinture par dessus la toiture. Les produits à effet perlant s'imprègnent quant à eux dans la tuile, en transmettant leur caractère hydrofuge; l'eau glisse ainsi jusqu'à la gouttière. Les produits à effet perlant sont plus coûteux que les filmogènes, mais sont aussi plus durables. Ils doivent s'appliquer en complément d'une isolation déjà existante et fiable, sous peine de n'avoir que peu d'efficacité.


L'importance des gouttières pour l'étanchéité

Souvent oubliées lors des rénovations de toitures, les gouttières sont pourtant elles-aussi impliquées dans l'étanchéité du bâtiment. Une gouttière défectueuse entraîne les mêmes problèmes d'humidité, avec des infiltrations dans les murs, l'apparition de moisissures et de moustiques. Pour réparer de petites fuites localisées, il existe plusieurs solutions peu coûteuses, comme les produits bitumés. Pour les simples fissures, un spray bitumeux peut suffir à régler le problème. Pour des orifices plus conséquents, l'emploi de bandes bitumeuses adhésives permet de traiter efficacement des zones conséquentes. L'usage de mastic peut aussi suffir sur des trous peu importants. En cas d'orifices trop nombreux ou de gouttières hors d'âge, l'idéal est de changer tout le système, plutôt que de risquer de débourser encore davantage en cas de dégâts liés à l'humidité. Comme pour les toitures, les gouttières s'entretiennent encore plus régulièrement, notamment en automne avec la chute des feuilles.


Quelles aides pour une couverture étanche ?

Le coût de l'étanchéité d'une toiture dépend de multiples facteurs, depuis la surface jusqu'aux matériaux utilisés, en passant par la durée des travaux et le coût de la main d'oeuvre. Tous ces éléments doivent figurer sur le devis, de manière explicite. Le coût moyen pour l'étanchéité d'une toiture varie généralement entre 3 000 et 6 000 euros. Dans un contexte favorisant les iniatives écologiques et durables, l'Etat encourage ce type d'initiatives avec une TVA à 5,5%, et des crédits d'impôt allant de 25 à 40% pour l'isolation.

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